Le foot français est-il bien géré ?

Un rapport de la DNCG (Direction Nationale de Contrôle de gestion) a été publié début Mars 2019 sur l’exercice 2017-2018. L’occasion de faire un bilan sur l’état financier du football français


Des bons résultats en trompe-l’œil

Les conclusions des chiffres de la DNCG sur la saison 2017-2018 montrent que les clubs de ligue 1 et ligue 2 ont de bons résultats comptables. Deux chiffres vont dans ce sens. Premièrement, le chiffre d’affaires est de 1.9 milliards d’euros soit une hausse de 2.4% et un résultat opérationnel de +161 millions d’euros alors qu’il était en déficit sur la saison précédente (-32 millions d’euros). Cela dit le chiffre d’affaires global est à mettre en perspective avec l’importance du PSG qui pèse à lui seul 557.3 millions d’euros soit 29% du total.

Deuxièmement, la baisse de l’endettement est à noter avec seulement 4 clubs de l’élite qui sont en déficit. Cependant quand on y regarde de plus près, la situation est plus préoccupante qu’il n’y parait. En effet, le résultat d’exploitation (rapport entre ce que gagne un club : droits tv, marketing, merchandising et ce qu’il dépense : salaires, rémunération, charges) a bondi de 56% passant de -101 millions en 2016-2017 à - 158 millions. Dans ce cas de figure, seuls 4 clubs sont excédentaires (Lyon, Strasbourg, Amiens et Troyes). Mais l’analyse du résultat net (après taxes, impôts et charges) atténue cette situation avec seulement 5 clubs déficitaires. Donc la variable d’ajustement passe par les ventes de joueurs pour équilibrer les comptes. D’où le nombre croissant de clubs qui mettent en place une politique de « trading ». Le danger d’être dépendant des ventes est sur la durée de sacrifier le sportif et pire de mettre en péril son existence si le marché n’est pas favorable. (Comme Lille l’année dernière…). Le résultat net représente la politique commerciale du club comme une entreprise et à ce petit jeu le PSG est le club le plus rentable avec 32 millions d’euros de bénéfice, suivent Angers avec 11 millions d’euros, Lyon avec 8 millions d’euros, Amiens avec 6 millions et Dijon avec 5 millions. Une autre dépendance est aussi problématique. Il s’agit de la prééminence des droits Tv qui représentent en moyenne entre 45 et 55% du budget des clubs.  Une dépendance qui va s' accroître avec les nouveaux droits.

La question de la masse salariale

« Quatre clubs (OL, OM, PSG, AS Monaco) réalisent à nouveau 58 % du chiffre d’affaires de la Ligue 1 et illustrent le lien entre résultats sportifs et masse salariale, puisqu’ils ont terminé aux quatre premières places » souligne la DNCG. Effectivement la masse salariale est conforme avec le classement où sans surprise le PSG écrase la concurrence avec 332 millions d’euros. Monaco est second avec 132 millions d’euros. Suivent Marseille avec 125 millions et Lyon avec 115 millions d’euros. Lille est 5ème avec 60 millions d’euros.

Marseille dans le rouge

Au regard des chiffres, l’OM pourrait être en difficulté dans les années à venir. En effet à la fin de l’exercice 2017-2018, le club olympien a un déficit de 76 millions d’euros en résultat d’exploitation et -78 millions d’euros en résultat net. 87% des revenus vont dans la masse salariale avant l’arrivée de Strootman et de Balotelli cette année. De plus, les résultats de cette année risquent de confirmer cette tendance avec l’élimination précoce en ligue Europa (et le huis-clos) en terme de billetterie.  La qualification en ligue des champions parait donc vitale.

Le débat entre la bonne dette et la mauvaise dette peut encore se poser que cela soit en terme de sport comme dans la vie quotidienne.

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